Contines des jours ...

 

 
 

Rougiers

 

 

Rougiers verts de mon enfance
Fraîcheur perdues sous le ciel immense
Des pays sardes disloqués ;
Rougiers limpides et bleus,
Comme les yeux
De l'enfant nouveau né,
Loin dans la brume
De la montagne noire sous la lune.
L'Etang,
Le parc enchanté de vent,

La fontaine couverte de mousse,
Le mûrier torturé par le vent,
Les bambous de Chine,
La cour, le chais,
La maison trapue, le toit escarpé
Se sont effacés dans la verdure,
L'étang, miroir sans fin,
Le parc ont disparu
Noyés dans le brouillard d'enfance ;
Le paradis terrestre n'est plus.

Tout est brousse humanisée
Sous le ciel présent.
L'eau sans mousse coule
Dans le conduit de ciment laid,
Le mûrier a chauffé l'hivers passé
Sa souche disparaît dans l'herbe dure,
L'étang ne reflète plus les grands sapins
Brûlés dans la cuisine de formica criard,
Le chèvrefeuille, arraché, pour protéger le mûr.
Rougiers n'est plus.

On a volé mon enfance.
Le temps s'écoule
Le temps a tout bouleversé,
Il a brûlé les arbres creux,
Il a saccagé, il a détruit, il a transformé.
Rougiers, perdu dans la brume
N'est plus sous la lune.
Amour défiguré par le temps.
Rougiers d'enfance. Rougiers d'antan.

 


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