Contines des jours ...

 

 
 

Les tziganes

 

 

Les tziganes traînent le monde
Attelé à leurs chevaux de feu,
Ils viennent de partout,
Ils viennent de nulle part
Pour aller on ne sait où.

Leur carriole parle du vent et de la pluie
Et de la boue des chemins,
Leur carriole parle du froid et de la nuit
Et de la vie du lointain,
Leur carriole parle de tant de choses
Que l'on ne sait plus ;

Leur carriole chante l'air au soleil,
Le soleil de midi,
Leur carriole chante et tout pareil
Cette femme qui la suit,
Leur carriole chante une joie de vivre
Que l'on ne sait plus.

Les tziganes marchent les routes
Sans obstacles pour eux,
Ils viennent de partout,
Ils viennent de nulle part
Pour aller on ne sait où.

Les montagnes ouvrent leur passage;
La neige devient lit
De cristaux, de merveilles, au creux du virage
Pour que chemine leurs rires
Sur les sommets, dans les vallées, par les plaines
Et qu'éclate la haine.

Le fleuve s'arrête à leur flot
D'enfants bruns aux yeux perçants
Suspendus à leur fenêtre comme des lots,
Las, tristes pourtant.
Défile la route sans toit,
Crépite le feu de bois.

Les tziganes errent le monde
Repoussée par notre crainte d'eux,
Ils viennent de partout
Ils viennent de nulle part
Pour aller on ne sait où.

Leur carriole conte une aventure
qui arrive d'ailleurs,
Leur carriole conte notre froidure
Et l'écriteau rageur,
Leur carriole conte le devenir certain
Aux lignes de notre main.

Leur carriole rit de notre peur d'eux
Et de nous imbéciles,
Leur carriole rit à nos regards hideux
Et de nous immobiles,
Leur carriole rit au son du violon
Elle court loin des prisons.

Les tziganes bouclent leur ronde
Entraînant quelques fous des cieux,
Ils viennent de partout
Ils viennent de nulle part
Pour aller on ne sait où.

 


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