Contines des jours ...

 

 
 

Bonsoir.

 

 

Bonsoir. Chacun s'embrasse, s'enlace et se quitte
Dans la maison de ville, dans celle de campagne
Caressée par le vent qui chante contre le gîte ;
Chacun s'éloigne dans le logis de la dune
Doucement rejeté de l'ombre par la lune
Que la mer plate change en lance étincelante.

Bonsoir. Un ouragan sur la lande mourante
Eclate, bouscule, frappe, hurle en approchant et fuit,
Se terre, plus féroce charge précédé de son cri
Si rauque et lugubre que l'herbe tremble sur le mur,
Et le chien que rien n'arrête, hurle au ciel dur
Prévenant les vieux que la mort passe alentour.

Bonsoir laisse seule la pierre battue par la bise,
Pousse l'homme dans son gîte clos, façades grises,
Le précipite dans la solitude morne
Loin des bruits sauveurs que la journée fond en elle ;
La chouette hulule à la cime de sa tourelle,
La forêt craque sinistre aux pas de la nuit.

Bonsoir ouvre la crevasse du temps qui fuit
Couchant la moisson, fauchant les saisons, les mots
Que tu lances au hasard, le masque que tu portes.
Bonsoir. Ton visage défait, lattes disjointes d'un panneau
Fouetté par les jours, la misère, ta dot
Repose épouvanté, acculé devant toi.
La tempête gronde, un pan s'effondre, arrive l'effroi.

 


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