Contines des jours ...

 

 
 

Les vieux

 

 

Les vieux ratatinés dans des fauteuils d'antan
Ecoutent le temps qui passe au sol craquant.
Elle, la vieille, toute ridée, l'œil vague
Poursuit les secondes de son aiguille, tremble
Et lui, le vieux, tout décharné, une blague
À la main, fume depuis toujours au salon,
Si calmes qu'ils ne savent plus qu'ils vivent ensemble.
La vieille tricote, lui, il fume. Depuis quand ?
Cent cliquetis d'aiguilles, peut-être plus
Ou peut-être moins. Le temps a perdu le ton,
La pendule suffoque, là, sur la cheminée,
Elle soupire en un souffle ténu l'avant,
Tout ce qui est passé, tout ce qui ne sera pas,
Ce qu'ils ont attendu. Ils ne parlent presque plus
Ou à petits mots parcimonieux, sans timbre
De leur longue vie commune et déjà passée.
Le vieux souffre assis mais chercher où poser son pas
Il ne le peut plus, à présent ses yeux sont mur.
Lorsqu'enfin l'un ne sent plus la douceur du feu
La pendule sur le marbre sonne, sonne
Sonne. Puis ne sonne plus. Ils dorment.

 


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