Contines des jours ...

 

 
 

Voeux

 

 

Lorsque je mourrai
Que l'on m'enterre dans un linceul
Comme je suis venu au monde
Au creux d'une mer calme
Ou dans une lande sans fin
D'où je verrai venir le voyageur de loin.

Lorsque je mourrai
Faites venir prêtre, rabin, pasteur
Pour chanter la prière des morts.
Qu'ils inventent une mélopée
Douce et reconnaissante
Où l'on chantera la vie
La souffrance et le bonheur aussi
Où l'on chantera les arbres et la pluie
Les montagnes et le vent.

Lorsque je mourrai
Muselez les pleureuses.
Je ne veux pas mouiller mon dernier habit.
Invitez le soleil
Des enfants qui savent rire
Des gens gais.

Lorsque je mourrai
Ne fanez pas de fleurs
Mais semez tout alentour
Des corolles qui parfumeront mes saisons
Plantez un arbre pour abriter des nids
Faites sourdre une source
Pour me donner de la compagnie.

Lorsque je mourrai
Ma mie ne pleure pas.
J'aime tes yeux sereins.
Ma mie ne porte pas le noir,
Il ne te va pas au teint.
Souris comme j'aime à te voir sourire
Chante pour me faire plaisir
Chante, chante sans tristesse.
Je suis parti sans crainte
Je vais te revenir avec la première rose
Je vais te revenir avec le dernier rayon
Chante.
Dis leur
C'est son dernier désir

Et ris.

 


retour