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         Auguste Barth
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         EFEO
              Exposition à l'occasion du centenaire de l'EFEO
                   Epigraphie
                        Auguste Barth




    STÈLE DE VAT PHOU, près de Bassac (Laos) (1)
    Par M. A. Barth, membre de l'institut

    in BefeoII, 3,1902:235-240 (Extrait, p.235-236)

    L'intérêt de cette belle stèle est tout entier dans ce qu'elle nous apprend indirectement. Rien d'aussi ancien n'avait encore été trouvé si haut dans la vallée propre du Mékong. Le plus vieux document fourni par les environs de Bassac était jusqu'ici l'inscription digraphique de Yaçovarman à Houé Tamoh, datée de çaka 811 = 889 A. D. (2). La nouvelle stèle de Vat Phou nous fait remonter de deux cents ans plus haut. Bien qu'elle ne soit pas datée, le Jayavarman dont elle émane est, en effet, le roi de ce nom appartenant à la plus ancienne dynastie directement documentée, celui que, provisoirement, nous appelons Jayavarman 1er, et dont nous avons déjà deux inscriptions datées de çaka 586 et 589 = 664 et 667 A. D.(3). L'inspection des caractères ne laisse aucun doute à cet égard.

    La stèle nous montre donc que, dès le VIIe siècle çaka, l'empire khmer avait atteint de ce côté la limite qu'il ne paraît plus avoir beaucoup dépassée, même à l'époque de son apogée. Elle nous apprend de plus que l'art khmer n'est pas né subitement avec les grands monuments de la plaine d'Angkor. Celui qui, un siècle et demi auparavant, a dessiné et sculpté le haut de notre stèle possédait certainement les éléments d'un style décoratif déjà très avancé. Ce sont ces considérations qui m'ont décidé à ne pas différer la publication du monument.

    J'ai eu, pour cela, à ma disposition un estampage qui m'a été envoyé par M. Finot et un autre, plus net, qui m'a été obligeamment communiqué par M. Foucher ; à eux deux, ils m'ont fourni un déchiffrement complet, à l'exception d'un très petit nombre d'aksaras, qui sont mis entre crochets dans la transcription. La stèle nous est, en effet, parvenue intacte, sans brisures ni éclats ; elle a seulement subi de l'usure et, contre l'ordinaire, cette usure, au lieu d'affecter les extrémités, a porté sur le milieu ; comme si la pierre, qui paraît ètre de qualité excellente, avait été soumise en cet endroit à un frottement prolongé, du fait, soit des hommes, soit d'animaux. La fin des padas a et c et le commencement des padas b et d de plusieurs stances sont ainsi devenus plus ou moins indistincts.

    Le fac-similé est la reproduction phototypique d'un calque fait avec soin et dont je crois pouvoir garantir l'exactitude pour tout ce qui est essentiel. Partout où le trait du lapicide est resté suffisamment net, il a été reproduit sans tenir compte des épâtements qu'il a subis par l'usure ; dans les endroits où il a été plus profondément atteint, on a eu recours à des hachures. Celles-ci doivent être considerées, non pas comme la représentation exacte de l'aspect de la pierre, ce qui n'eût donné que du gribouillage, mais comme une indication plus ou moins conventionnelle reproduisant à peu près la silhouette d'un caractère indistinct.


    (1) Sur le site et les ruines de Vat Phou et les documents qu'on y a trouvés antérieurement, voir Doudart de Lagrée et Francis Garnier, Voyage d'exploration en Indo-Chine, I, p. 168, et Aymonier, Le Cambodge, II, p. 158. Sur la découverte de la stèle, "trouvée fortuitement (au printemps de 1901) par des chercheurs de trésors, sous plus de deux mètres de terre", et qui, maintenant, grâce au R. P. Couasnon, est entrée au Musée de l'École française d'Extrême-Orient, voir le Bulletin, I, p. 162 et 409.
    (2) Inscriptions sanscrites de Campâ et du Cambodge, n° LIV.
    (3) Inscriptions sanscrites du Cambodge, n° X et XI. La deuxième partie (non datée) de IX est également de lui, et deux autres, XII (datée de çaka 589 = 667 A. D.) certainement; et très probablement XIII (datée de çaka 598 = 676 A. D.), sont de son règne. Cette dernière est celle qui, paléographiquement, se rapproche le plus de notre stèle.

     

    INSCRIPTION SANSCRITE DU PHOU LOKHON (LAOS) (1)
    Par M.A.Barth, membre de l'Institut

    in Befeo III, 3, 1903:442-446 (Extrait p.442).

    Phou Lokhon, d'après M. Aymonier, "le mont du royaume" (Lokhon ou Nokhon - scr. nagara), est un monticule de grès qui domine la rive gauche du Mékhong, à quelques kilomètres en amont du confluent du grand fleuve et du Sé Moun, par 15° 20' N. et 103° 8' E. "A son sommet, la roche a été creusée en petit puits rond de 60 centimètres de diamètre, 80 centimètres de profondeur, pour mieux dégager sans doute un linga de 30 centimètres de diamètre, qui se dresse au milieu, et qui a 1 m 50 de hauteur. En outre, à 2 m 50 au Sud de ce linga était planté à même dans la roche un pilier carré de grès, haut d'un mètre au plus, large de 60 centimètres, qui présente la particularité de n'être pas orienté aux quatre points cardinaux, mais aux points intermédiaires. Sur sa face Nord-Est (2), avait été gravée une inscription sanscrite de 6 lignes, peut-étre de 7 (3) : le texte, assez net dans le haut, ayant beaucoup souffert dans sa partie inférieure (4). L'écriture, très ancienne, indique notre VIIe siècle. On lit d'ailleurs dans ce document, qui reste à étudier, le nom de Mahendravarman, qui succéda à Bhavavarman et qui dut régner vers l'an 610 ou 620 de notre ère(5).

    Ce petit monument nous a conservé la dernière inscription cambodgienne qu'on ait trouvée jusqu'ici en remontant le Mékhong (6), et en même temps, l'une des plus anciennes. Bien qu'elle ne soit pas datée, elle émane en effet, comme l'a vu déjà M. Aymonier, du deuxième roi dont nous ayons un document direct, de Mahendravarman, le successeur de ce Bhavavarman de l'inscription de Han Chey, dont l'éloge déchiffré par Kern, il y a plus de vingt ans (7), a été l'une des premières conquêtes dans le domaine de l'épigraphie cambodgienne.

    L'inscription se compose de 3 çlokas anustubh, occupant deux lignes chacun, les pâdas séparés formant deux colonnes. Elle relate l'érection, sur le Phou Lokhon, par le roi Mahendravarman, comme trophée de ses victoires, après la conquête du pays, d'un linga de  Civa-Giriça, sans doute le linga même qui se voit encore aujourd'hui sur la montagne.

    Par une inscription postérieure d'Ang Chumnik (8), nous savions simplement que Mahendravarman a été le successeur de Bhavavarman. Par l'inscription de Han Chev (9), nous savions en outre que Bhavavarman avait eu un fils qui lui a survécu, mais dont le nom, pour une raison ou pour une autre, ne nous a pas été transmis, pas même par celui de ses fidèles qui a fait son éloge (10). Nous apprenons maintenant que ce fils n'a pas été Mahendravarman qui, d'après notre document, a été un frère cadet de Bhavavarman. Très probablement le neveu est mort trop jeune (11) pour avoir effectivement régné.

    D'autre part, l'inscription de Véal Kantel (12) nous avait donné le nom du père de Bhavavarman, Viravarman, mais il restait un doute quant à l'identité de ce Bhavavarman avec le grand roi victorieux des autres documents.

    Ce doute est maintenant levé, car le nom de Viravarman se retrouve et, très probablement, comme celui du père commun de Bhavavarman et de Mahendravarman dans les traces très indistinctes, il est vrai, de la première ligne de notre inscription. Malheureusement, celle-ci ne nous apprend rien de plus sur ce Viravarman, qui paraît ne pas avoir régné, car il ne figure pas dans la liste des rois de l'inscription d'Ang Chumnik, où le prédécesseur de Bhava varman est Rudravarman. La relation de ce dernier avec Bhavavarman et son frère reste donc inconnue.


    (1) Cette notice a paru dans l'Album Kern, Leide, 1903, pp. 37-40. M. Barth a bien voulu nous autoriser à la reproduire dans le Bulletin et les éditeurs de l'Album ont gracieusement mis à notre disposition le cliché du fac-simile.
    (2) Par conséquent faisant face au linga.
    (3) Les estampages n'accusent aucune trace d'une septième ligne, et le nombre impair est a priori improbable.
    (4) C'est tout juste le contraire.
    (5) Aymonier, Le Cambodge, T. II. p. 172.
    (6) Exacte quand l'article a été écrit, cette assertion ne l'est plus aujourd'hui. L'inscription de Jayavarman VII publiée par M. Finot (Bulletin, III, 18 sqq.) a été trouvée sur les bords même du Mékhong à plus de deux degrés au Nord du Phou Lokhon.
    7) Annales de l'Extême-Orient. Février 1882, p. 225.
    8) Inscriptions sanscrites du Cambodge, n°XI (dans les Notices et extraits des manuscrits, t.XXVII, p.64
    9) Ibidem, n°1, A, p.17-21
    10) Il n'y a qu'une allusion à sa dignité de kumara. Le nom ne se retrouve pas non plus dans l'inscription de Ponhéar Ilor (ibidem.n°11), qui se rapporte aussi peut-être à Bhavavarman et à son fils.
    11) C'est là le sens que doit avoir le nare rayasi vrttasya de Han Chey, A, Cl. 21.
    12) Ibidem, n° IV

    NOTES ET MÉLANGES
    LES DOUBLETS DE LA STÈLE DE SAY-FONG
    (1)
    (Lettre de M. Barth)

    in Befeo III, 3 1903:460-466. (Extrait, p.442) 

    Monsieur le Directeur et cher ami, - En m'envoyant le fascicule du Bulletin qui contient votre inscription de Say-Fong, vous m'écriviez : "Je crois deviner, au travers des notices de M. Aymonier, que des répliques du même édit pourraient bien se trouver dans les provinces siamoises, à Khonbouri et Chayaphoum (Cambodge, II, p. 116 et 117), à Ban Pkean (p. 130), à Ta Mean Tauch (p. 191), à Ta Kè Pong (p.207)." - Votre conjecture était juste. Ces cinq inscriptions, auxquelles j'en ajoute immédiatement une sixième, la stèle sanscrite de Nom Van, province de Korat (ibidem, p. 110), sont en effet des répliques de la vôtre. Avec la stèle maintenant détruite du Vat Lô de Chean Chum (2), qui avait fourni le calque de 1880 analysé par Bergaigne et qui n'est plus représentée aujourd'hui que par trois pauvres fragments, nous avons ainsi sept documents, les uns absolument identiques, les autres très semblables à celui de Say-fong, et, peut-être, s'en trouvera-t-il encore d'autres dans l'énorme masse, à peine inventoriée, de nos inscriptions. Mais votre édit de Say-fong est d'un intérêt si exceptionnel, qu'il y a lieu, dès maintenant, d'y joindre tous les matériaux congénères immédiatement disponibles.

    Je vous envoie donc, sans plus attendre, la collation complète de ces répliques.(...)


    (1) Bulletin, III, p. 18.
    (2) Dans la province de Tréang, prés de la frontière de la Cochinchine, Aymonier, Cambodge, I., p. 162; Lunet de Lajonquière, Inventaire descriptif, p. 3.


     
     

     
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